Mucha Alphonse

 octobre 2006
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Alphonse Maria Mucha

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(24 juillet 1860 – 14 juillet 1939)

Alphonse Maria Mucha est un peintre tchèque caractéristique du style Art nouveau. De 1880 à 1920, ce genre s’est développé principalement en Europe, et a influencé tous les domaines de l’architecture, de la décoration et de l’artisanat. Mucha représentait souvent de belles jeunes femmes dans des robes néoclassiques aux drapés flottants, souvent couronnées de fleurs. Son style a souvent été imité, mais jamais il n’a été égalé.

Alphonse Mucha est né le 24 juillet 1860 à Ivancice en Moravie du Sud (République Tchèque, qui faisant partie de l’Empire austro-hongrois).
Après avoir réalisé quelques travaux décoratifs en Moravie (essentiellement des décors de théâtre), il émigre en 1879 à Vienne afin de travailler pour la plus grande entreprise de décors de théâtre viennoise. En 1881, il retourne en Moravie et réalise des décorations et des portraits en tant qu’ indépendant.

Mucha est recruté par le Comte Karl Khuen de Mikulov, pour décorer les murs du château Hrusovany Emmahof. Impressionné par son talents, le noble décide de financer les études, à Munich, du jeune dessinateur âgé de 21 ans.

Ensuite, Mucha se rend à Paris en 1887 pour poursuivre ses études à l’Académie Julian et à l’Académie Colarossi. C’est une période difficile pour l’artiste qui gagne modestement sa vie en produisant une revue et en réalisant des affiches publicitaires. Pendant cette période, il a rencontré puis cohabité avec le peintre Paul Gauguin.

En décembre 1894, Mucha réalise l’affiche publicitaire de Gismonda, la pièce jouée par l’une des actrices les plus connues de l’époque, Sarah Bernhardt, au Théâtre de la Renaissance où il est engagé pendant six ans. C’est le début de la gloire, et son style devient si célèbre que le style Art nouveau se fait parfois appelé « style Mucha ». En plus de nombreuses affiches, il peint de superbes panneaux muraux ayant pour thèmes principaux les femmes et les fleurs stylisées. Il accompagne Rodin à Prague en 1902.

Mucha se rend ensuite aux Etats-Unis d’Amérique, de 1906 à 1910, pour y recueillir des fonds afin de réaliser ce qu’il considérait comme son œuvre maîtresse, l’Epopée des Slaves, une série de vingt tableaux de 6 X 8 mètre. Elle a été peinte entre 1910, date de son retour à Prague, et 1928 lors de son retour des Etats-Unis. Les tableaux représentent l’histoire des Slaves, des origines jusqu’au XIXe siècle. Cette œuvre a été présentée à Prague, le 28 octobre 1928, à l’occasion du dixième anniversaire de la Tchécoslovaquie.

Lorsque la Tchécoslovaquie obtient son indépendance après la Première Guerre Mondiale, Mucha dédie son art au renouveau culturel et national de son pays. Il conçoit les nouveaux timbres-poste, les billets de banques ainsi que d’autres documents officiels pour la nouvelle nation. Cependant, il continue à produire des affiches pour les théâtres pragois mais son style a évolué.

Mucha ne dessine plus d’à-plats colorés, aux formats allongés inspirés de l’art japonais, mais des formes dans lesquelles réapparaît le modelé. Ce ne sont plus les femmes tentatrices des mondanités parisiennes qui sont représentées, mais les femmes du peuple face aux aléas de la vie quotidienne dans un pays pauvre. Alfons Mucha aborde des sujets issus de la culture tchèque et participe ainsi au mouvement appelé Romantisme national. Dans ce mouvement, il s’exprime plus régulièrement par la peinture proprement dite (huile sur toile, aquarelle, peinture murale,…). De nouveaux éléments apparaissent dans ses œuvres : la forêt, la neige, les loups, la pauvreté, le peuple, les costumes bariolés,…

A sa mort, son style était déjà considéré comme dépassé, mais l’intérêt pour cet art est réapparu dans les années 1960 et continue périodiquement à inspirer et à influencer les illustrateurs contemporains.

Les photographie de Mucha

Les photographies de Alphonse Mucha abordent trois thèmes précis : les modèles féminins destinés à ses peintures, les voyages d’études à l’étranger (Balkans en 1912, Russie en 1913) et la famille ou les amis.

Mucha photographiait sans éclairage particulier, souvent à la simple lumière de son atelier.
Il développait toujours lui-même ses photographies dans une chambre noire improvisée et tirait les épreuves à la lumière du jour.

Pendant la seconde moitié des années 1890, Mucha réalisa une série de photographies de modèles féminins qui posèrent pour lui, dans son atelier situé rue du Val-de-Grâce à Paris.
Il organisait des séances photo pratiquement tous les jours et s’était donné pour consigne de ne pas choisir ses modèles en fonction des projets sur lesquels il travaillait. Il aimait l’improvisation et faisait prendre à ses modèles toutes sortes de pauses, ensuite il sélectionnait les clichés les plus adaptés, selon le sujets de ses commandes.

Rencontre avec Georges Fouquet

Georges Fouquet était le fils de l’un des plus grands bijoutiers de Paris, Alphonse Fouquet, vers la fin du XIXe siècle. En 1895, il reprend la direction de l’entreprise familiale et met tout en œuvre afin de créer des collections se distinguant du style de l’époque. Georges Fouquet, créa des bijoux extraordinairement beaux et originaux, inspirés par des thèmes naturalistes et mythologiques et par des motifs récurrents, tels que les femmes fatales et fantastiques, les papillons et libellules et les fleurs exotiques.

Pour l’Exposition universelle de 1900 à Paris, il souhaitait lancer ses nouvelles créations. C’est dans ce but qu’il fit appel pour la première fois à Mucha.
Il avait remarqué les somptueux bijoux dessinés sur les affiches de Mucha.
Malgré l’extravagance des réalisations de Mucha, le stand de Fouquet connu un vif succès, et fut largement remarqué par la critique. Grâce à Mucha, Fouquet a pu réaliser son rêve d’innovation en matière de bijoux et de joaillerie. L’approche de Mucha révolutionnait l’esthétique de l’époque.

Lorsque Fouquet décida de transférer sa boutique, il fit de nouveau appel à Mucha.
Ce dernier créa un manifeste de la nouvelle esthétique, un bâtiment qui en lui-même était une œuvre d’art.

Il se chargea de la conception de l’intérieur et de l’extérieur. Il voulait rendre au lieu, une atmosphère fabuleuse et magique et qui servirait à merveille l’esprit de la nouvelle bijouterie.
Pour la décoration de la boutique, Mucha s’inspira de la nature, des branches, des fleurs, des papillons, des pierres précieuses, des coraux, et des poissons.
La pièce maîtresse de la boutique est constituée de deux paons sculptés contre des vitraux lumineux. Dès son ouverture en 1901, la boutique connut un important succès.

Fouquet conserva la réalisation de Mucha jusqu’un 1923, et puis la changea car les goûts de l’époque se transformaient et qu’il était nécessaire de rendre le lieu plus moderne. Néanmoins, il ne peut se résoudre à détruire l’œuvre révolutionnaire de Mucha. Il la fit alors démonter, pièce par pièce, et conserva le tout dans un entrepôt de meubles. En 1941, il en fit don de l’œuvre au musée Carnavalet où elle fut exposée jusqu’en 1980. Finalement, le travail de réinstallation de la boutique fut achevé en 1989.

A l’heure actuelle, il reste peu de bijoux provenant de la collaboration Mucha-Fouquet.
Beaucoup des vestiges de cette association, ne sont disponibles que sur photographie.

La Fondation Mucha

La Fondation Mucha possède la plus grande et la plus complète des collections, du monde entier, des travaux d’Alfons Mucha. Dans cette immense collection, on retrouve les travaux lithographiques les plus célèbres, les affiches et les panneaux décoratifs, les pastels, les études, les photographies, les sculptures, les livres et les bijoux ainsi que les peintures à l’huile moins connues du public.

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