Sérusier

 2006
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Paul Sérusier


Paris (F), 1865 - Morlaix (F), 1927
Bords de mer
1914
Huile sur toile, 65 x 92,5 cm
Signé et daté en bas à gauche : PSérusier 14
Inv. AM 61/84

À partir de 1914, Paul Sérusier qui vient d’épouser une de ses élèves de l’Académie Ranson, Marguerite Gabrielle Claude, s’établit définitivement en Bretagne, à Châteauneuf-le-Faou. La mer et les alentours vont lui fournir ses plus beaux paysages. Et il confronte ses théories esthétiques à ce pays breton devenu sien.

Un tableau presque identique à celui de Liège et datant de 1913 porte le titre de Rochers au Pouldu. Le Pouldu est un petit village de la côte bretonne à l’est de Pont-Aven où Gauguin, Sérusier et la plupart des peintres du groupe de Pont-Aven ont séjourné, autour de 1890. De Châteauneuf-le-Faou, la mer y est facilement accessible et il est donc fort probable que les Bords de mer puissent y être localisés.

Depuis ses premières expériences picturales sur le motif avec Gauguin à Pont-Aven, en 1888 et la création du paysage intitulé le Talisman, Sérusier est resté fidèle aux principes du Synthétisme : la juxtaposition d’aplats de couleurs pures donnant de la réalité un équivalent plastique autonome. « Une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblé », relatera Maurice Denis à propos la révélation du groupe des Nabis.

Cette marine, comme les quelques autres réalisées par Sérusier, illustre bien la facture synthétiste par les aplats de couleurs pures et les lignes onduleuses inspirées des estampes japonaises, la perspective et l’horizon étant abolis.

Repères biographiques

Après des études brillantes au Lycée Condorcet, Paul Sérusier, « le Nabi à la barbe rutilante », entre à l’Académie Julian, dont il devient bientôt massier, et où il se lie étroitement avec Pierre Bonnard et Maurice Denis.

En 1888, Sérusier séjourne à Pont-Aven, il y rencontre Paul Gauguin. Cette rencontre sera décisive. Sérusier réalise alors ce que ses camarades appelleront plus tard « le Talisman », une petite boîte dont l’artiste avait peint le couvercle dans une facture synthétique, en aplats de couleurs pures. Cet objet sera à l’origine du mouvement Nabi et marquera le point de départ d’un groupe d’artistes indépendants vers un art simplifié et symboliste.

De retour à Paris, Sérusier devient le principal animateur du groupe des Nabis (en hébreu : « les prophètes »), à qui il fait connaître les idées et les réalisations du groupe de Pont-Aven, qu’il fréquente à nouveau de 1889 à 1890. En 1893, Sérusier voyage en Italie avec Émile Bernard ; en 1895, il visite la Toscane et l’Ombrie avec Maurice Denis. À plusieurs reprises également, il séjourne en Europe centrale où il retrouve Verkade et se pénètre de l’Esthétique de Beuron, basée sur les « saintes mesures » et sur le nombre d’or. Il devient professeur à l’Académie Ranson, et forme plusieurs volées de jeunes artistes.

En 1914, il épouse une de ses élèves, Marguerite Gabrielle Claude, et s’établit en Bretagne, à Châteauneuf-le-Faou. En 1921, il publie son ABC de la peinture, testament esthétique et spirituel.