Utrillo

 2006
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Maurice Utrillo


Paris (F), 1883 - Dax (F), 1955
Le Moulin de la Galette
1922
Huile sur toile, 106 x 81 cm
Signé et daté en bas à gauche : Maurice,Utrillo,V / 1922,
Au dos : Moulin de la Galette/Paris, Numéro 2, Maurice Utrillo, V.
Inv. AM 403/162

Utrillo est avant tout peintre du paysage urbain de Paris et particulièrement de Montmartre, lieu de sa naissance. Il demeurera toujours à l’écart des grands courants artistiques de son époque, développant un style qui lui est propre.

Sa peinture inclassable reçoit parfois l’étiquette de naïve en raison de la minutie du dessin et de ses figures populaires mais ces caractères n’apparaissent que tardivement dans des toiles comme le Moulin de la Galette, dans un style plus dessiné, coloré et cloisonné.

« Construite au sommet de la Butte Montmartre, en bordure de la rue Lepic, le Moulin de la Galette domine un grand hangar, carré et bas de plafond, avec une estrade pour orchestre et un jardin ombragé, où se retrouvaient un peuple d’artistes, d’ouvriers et de midinettes pour danser les dimanches après-midi et les jours de fête. »

Que ce soit le Moulin de la Galette ou le Café du Lapin agile, il ne cessera jamais de peindre la Butte, sur le motif dans sa jeunesse ou, souvent, pendant ses cures de désintoxication, d’après des cartes postales. Cette pratique explique la désinvolture manifestée à l’égard du motif ; à travers sa peinture, il vit par procuration.

En 1922, quand Utrillo peint ce tableau, sa cote a atteint un niveau appréciable, ses œuvres sont recherchées par les amateurs et les faux commencent à se multiplier. Ainsi, très conscient du problème, le peintre place avec beaucoup d’humour un panneau d’annonce sur la palissade de droite du Moulin et on peut y lire : « Fabrique de Tableaux artistiques. Spécialité de paysages. Couleurs fines. - Chez Maurice Utrillo V., 12, rue Cortot , Paris 18e ; se méfier des contrefaçons ».

Repères biographiques

Maurice Utrillo est le fils naturel de Suzanne Valadon reconnu par le critique Miguel Utrillo. Il fréquente le collège Rollin, avant de faire un apprentissage dans une banque. Livré à lui-même, il ne songe très tôt qu’à boire en cachette et à vagabonder.

À 18 ans, il a une première crise et doit subir une cure de désintoxication. Pour le distraire dans sa chambre, sa mère lui conseille de dessiner. À sa sortie de clinique, Utrillo peint ses premiers tableaux, sur le motif, à Montmaguy, à Pierrefitte, à la Butte-Pinson, à Montmartre et sur les quais de la Seine.

Mais, bientôt, Utrillo se dégage de l’influence de Sisley et de Pissarro, et pousse jusqu’au réalisme son souci de vérité. Pendant sa « période blanche » (1909-1914), à part un voyage en Corse et un autre en Bretagne, il représente surtout des rues de Paris, qu’il peint à l’atelier d’après des cartes postales. Son souci de vérité est tel qu’il va jusqu’à brasser colle, sable et plâtre afin d’obtenir des effets de matière. En 1926, Utrillo s’installe avec sa mère et André Utter dans une villa neuve de l’avenue Junot.

L’art d’Utrillo se stabilise alors dans une manière nouvelle, que l’on appelle « période colorée », et que l’on pourrait appeler aussi période graphique, puisque couleur pimpante et dessin précis en sont les caractéristiques. En 1936, peu de temps avant la mort de Suzanne Valadon, Utrillo épouse Lucie Valore, avec laquelle il vécut ses dernières années au Vésinet, près de Chatou.