Signac

 2006
popularité : 18%

Paul Signac


Paris (F), 1863 - 1935
Le Château de Comblat
1887
Huile sur toile, 60 x 92 cm
Signé et daté en bas à gauche : P. Signac 87 ; inscription en bas à droite : op. 160
Inv. AM 404/168

Paul Signac est un des premiers adeptes de la technique inventée par Seurat en 1886. « Cette technique, appelée ‘Pointillisme’ ou ‘Divisionnisme’, juxtapose [...] des touches de couleurs pures d’une plus grande luminosité que les pigments mélangés sur la palette et l’œil en opère la synthèse » , reconstituant l’image dans une infinité de teintes délicates.

Le Château de Comblat est l’illustration parfaite de ce procédé que le critique Félix Fénéon baptise « néo-impressionniste » dans L’Art Moderne en 1886, attisant la curiosité de Belges comme Émile Verhaeren, Octave Maus ou Théo Van Rysselberghe.

En 1888, Signac expose au Salon des XX à Bruxelles douze tableaux dont le Château de Comblat. Le 11 janvier, il écrit à Octave Maus : « Je vous adresserai vers le 18 courant, ma caisse tableaux : douze petites toiles que je souhaite vivement voir accrocher aux XX. Notre technique est beaucoup plus compréhensible pour le public lorsqu’il a devant les yeux de nombreux exemples de son application à des effets différents. »

Signac établit alors des relations très suivies avec la Belgique, jouant un rôle déterminant dans l’engouement que suscita le Néo-impressionnisme chez les artistes belges. En 1890, il est élu vingtiste, seul Français avec Rodin, élu en 1888. Il tente même, mais sans y aboutir, d’organiser une exposition des XX à Paris.

En juin-juillet 1887, le peintre exécute cette vue du château de l’ancienne station thermale de Comblat-le-Château situé près de Vic-sur-Cère (Cantal). L’endroit lui inspirera d’autres toiles. La vieille demeure, dont le donjon date du quinzième siècle, paraît bien protégée par la longue muraille de clôture et par les grands arbres du parc. La lumière intense de ces mois d’été baigne la composition, hormis l’angle d’ombre où Signac s’est installé pour peindre. « Des paysages d’Auvergne, vallons ombreux, collines boisées où le nombre susurre aux retroussis des feuilles, prairies dorées de soleil, vapeurs bleuâtres qui noient les fonds et les unissent à la limpidité des cieux, dans une active synthèse le pays respire, exhale ses végétations et sa paisible haleine : Comblat le Château juillet 1887. »

Repères biographiques

Après avoir suivi en 1883 les cours de l’Académie libre Bin, Signac se lie avec les impressionnistes, grâce à Guillaumin qui le remarque un jour peignant le long des quais de la Seine. En 1884, il participe à la création de la Société des artistes indépendants dont il sera un des membres les plus actifs et président de 1909 à 1934. Il y expose à la première manifestation à côté de Seurat, Cross, Angrand et Odilon Redon. Ami intime de Seurat et de Cross, Signac est parmi les premiers à adopter la technique du Pointillisme. Il peint ainsi des vues des bords de la Seine, en Bretagne et sur les côtes méditerranéennes.

En 1887, il accompagne Seurat à l’inauguration des XX à Bruxelles et, l’année suivante, y est à nouveau invité à exposer. Il joue un rôle essentiel pour la diffusion du Néo-impressionnisme en Belgique. Il est élu vingtiste en 1890 et continuera à exposer à La Libre Esthétique jusqu’en 1896.

En 1899, il publie D’Eugène Delacroix au Néo-impressionnisme, véritable charte du Pointillisme.

Excellent navigateur, Signac sera toujours attiré par la mer ; c’est ainsi qu’en 1892, il découvre le petit port de Saint-Tropez où il vit une partie de l’année jusqu’en 1911. Et en 1913, ce sera Antibes où il séjourne tout en conservant un atelier à Paris. À bord de son yacht, il effectue de nombreuses croisières qui le mènent de Rotterdam à Constantinople mais aussi sur les côtes de Bretagne et de la Provence. Il en a laissé de nombreux paysages mais réalisera aussi des portraits, des natures mortes.

Signac sera très ouvert aux recherches de la jeune génération et, comme président des Artistes indépendants, aura une attitude positive à l’égard du Fauvisme et du Cubisme.

Une rétrospective de son œuvre s’est tenue au Grand Palais à Paris en 2000, à l’occasion de l’édition du catalogue raisonné de son œuvre par sa petite-fille, Françoise Cachin.