Guillaumin

 2006
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Armand Guillaumin


Paris (F), 1841 - Orly (F), 1927
L’Écluse du Moulin Bouchardon, à Crozant
Après 1892
Huile sur toile, 65 x 80 cm
Signé en bas à gauche : Guillaumin
Inv. AM 437/70

Guillaumin lui-même affirmait avoir découvert Crozant dans la Creuse en 1893, mais il y a fait un court passage en août 1892 comme semble en témoigner la signature et la date de la main de l’artiste, au dos d’un petit paysage du site. Depuis deux ans, Guillaumin, libéré des soucis matériels - il a gagné à la loterie en 1891 -, dispose de suffisamment de temps et d’argent pour voyager à travers la France et séjourner au printemps à Agay (près de Saint-Raphaël dans l’Esterel), à la fin de l’été et au début de l’automne, à Saint-Palais-sur-mer (près de Royan en Gironde) et, enfin, il se réserve le début de l’été et l’automne jusqu’en décembre à Crozant. La Creuse est en effet assez proche de Paris pour qu’il puisse s’y rendre et y montrer ses œuvres.

Si la Côte d’Azur, la Côte d’Argent et la Creuse d’une manière générale le fascinent, son vrai pays d’élection, c’est autour du petit village de Crozant. Il disait volontiers « qu’il existe au monde un pays aussi beau que Crozant, c’est possible , mais un plus beau, je ne peux le croire ». Crozant demeure sur son promontoire formé par le confluent de deux rivières, la Creuse et la Sédelle.

Guillaumin, comme les autres Impressionnistes et particulièrement Monet, est fasciné par les jeux de lumière sur l’eau. Ainsi est-il comblé à Crozant, depuis la mare tranquille des Telles sur la Creuse jusqu’aux eaux tourmentées du Moulin Bouchardon sur la Sédelle.

Le peintre réalise de nombreuses vues du Moulin et des environs immédiats comme ici, l’écluse, qu’il saisit dans les couleurs éclatantes de l’automne.

Le génie de Guillaumin réside dans sa vision très personnelle de la couleur. Ses recherches, en effet, et peut-être son amitié avec le jeune Othon Friesz, de 38 ans son cadet, le mènent à utiliser des couleurs pures, se révélant un Fauve avant la lettre.

Repères biographiques

Employé à la Société des Chemins de Fer Paris-Orléans, Armand Guillaumin dispose d’un peu de temps pour peindre. Il suit aussi les cours du soir à l’Académie Suisse, atelier anti-conformiste, où il rencontre, en 1864, Pissarro et Cézanne, les futurs impressionnistes. Il participera à toutes les expositions du groupe depuis 1874 (sauf en 1876 et 1879).

En 1873, Guillaumin et Cézanne s’initient à l’eau-forte en compagnie de Pissarro sur la presse du docteur Gachet à Auvers. Les deux artistes peignent aussi souvent ensemble et resteront amis jusqu’à la mort de Cézanne en 1906.

En 1891, Guillaumin gagne à la loterie et dispose de temps et d’argent pour voyager à travers toute la France. Il séjourne tous les ans dans la Creuse, à Crozant. Sa personnalité s’affirme dans ses paysages des bords de la Creuse.

Loin d’être un meneur dans le mouvement impressionniste, il en retient la technique mais il reste indépendant et peut, par son utilisation de la couleur pure, préfigurer le Fauvisme.


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