Lieberman

mercredi 26 juillet 2006
popularité : 15%

Max Liebermann


Berlin (D), 1847 - 1935
Le Cavalier sur la plage
1904
Huile sur toile, 46 x 55 cm
Signé et daté en bas à gauche : M. Liebermann 1904
Inv. AM 410/149

Au tournant du siècle, Liebermann peint pour la première fois ce motif du cavalier et de la mer ; déjà en 1896, il choisit de représenter la mer et la plage ; à partir de 1900, il commence à s’intéresser au thème du cavalier. Ce cavalier sur la plage marque le début d’une série de plus de quarante œuvres qu’il consacrera à ce motif pendant les séjours d’été en Hollande, à Scheveningen et à Noordwijk (près de Leyde). Il était lui-même un cavalier passionné.

Les cavaliers de Liebermann portent toujours des vêtements de sport très élégants : ici jaquette, pantalon blanc et chapeau. Il mène son cheval dans l’eau, la bête avance dans les vagues qui viennent mourir sous ses sabots, la mer du Nord écumante prend ses tonalités sombres, bien caractéristiques, sous un ciel nuageux à l’horizon.

Le peintre est fasciné par cette confrontation de l’homme civilisé et de la nature, d’une part le mouvement de la mer et d’autre part le mouvement de l’homme et de l’animal. Il la réalise sur le motif, dans une création spontanée sans avoir recours à des dessins préparatoires ou encore à des retouches en atelier. Son biographe dira en 1914 : « Vraiment réussi ce cheval dans la nature [...] pas seulement très vivant mais aussi très juste comme s’il avait été exécuté en atelier en ayant recours à des figures anatomiques ».

Sa démarche s’inscrit dans la mouvance de l’Impressionnisme. Il évoque Degas et Manet mais aussi Gauguin qui, comme lui, ont peint des cavaliers sur le vif avec la même liberté d’expression.

Repères biographiques

Après des études à Berlin, Liebermann suit, de 1868 à 1873, les cours de l’École des Beaux-Arts de Weimar et rencontre à Düsseldorf le peintre réaliste hongrois Mnkacsy dont il subit l’influence.

À Paris, où il séjourne de 1873 à 1878, l’école de Barbizon l’attire davantage que les peintres impressionnites, surtout Millet et Gustave Courbet. De retour en Allemagne, il s’établit à Munich puis à Berlin en 1884. De fréquents séjours en Hollande lui permettent d’étudier la peinture du 17e siècle, celle de Frans Hals notamment. De cette période, datent des paysages hollandais et de nombreuses scènes de la vie ouvrière et paysanne où il s’efforce de créer un style réaliste personnel. Il exalte des tâches simples, des intérieurs humbles, des asiles et des hôpitaux dont le côté parfois déplaisant ne rencontre guère l’enthousiasme du public.

Vers 1890, l’Impressionnisme français éveille son intérêt : Manet pour la couleur, Degas pour le mouvement, Pissarro pour la lumière. La palette s’éclaircit, la touche devient plus rapide et le dessin s’enhardit. Mais la peinture de Liebermann n’offrira qu’une parenté superficielle avec l’Impressionnisme. Le peintre restera attaché à une tendance naturaliste assez conventionnelle et à une grande sobriété des couleurs. Il joue cependant un rôle important en Allemagne et ouvre la voie aux divers mouvements de peinture européens.