Khnopff

mardi 25 juillet 2006
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Fernand Khnopff

Grembergen (B), 1858 - Termonde (B), 1921
Portrait de Mme Edmond Khnopff
1882
Huile sur toile, 36,3 x 28 cm
Signé et daté en bas à droite : Fernand Khnopff 82
Inv. AM 605/325

Mère de l’artiste, Léonie Dommer, née à Termonde le 28 avril 1837, épouse le 18 novembre 1857 Edmond-Jean-Joseph Khnopff, magistrat, né en 1826. Ils auront trois enfants : le peintre Fernand, né le 12 septembre 1858, le poète Georges, né le 7 septembre 1860 et une fille Marguerite, née le 15 juillet 1864.

Issu d’une famille de la haute bourgeoisie belge, Fernand Khnopff a une conscience aiguë de cette appartenance. « Les antécédents familiaux ne sont là que pour souligner au niveau personnel l’élévation aristocratique de l’œuvre ».

Il est âgé de 24 ans quand il réalise ce portrait, œuvre de jeunesse, qui exprime toute l’affection que porte l’artiste à sa mère. Elle pose de trois quarts, assise dans le salon de la demeure bourgeoise, esquissé à l’arrière-plan. Tout est sobriété et distinction : la robe à col montant austère, le visage aux traits finement dessinés et le regard introspectif ; le choix des couleurs ne fait que confirmer cette volonté. Le petit col blanc fait écho au halo de lumière qui éclaire le visage.

Comme le dit Gisèle Ollinger, « elle est enfermée dans un univers d’intériorité, hors du monde, plongée dans ses souvenirs [...]. Il la représente toujours sous ces traits fins et réguliers tandis que toute l’attitude exprime l’intelligence, la bonté, la distinction et l’énergie du modèle ».

Repères biographiques

De 1859 à 1865, la famille Khnopff séjourne à Bruges où son père est Substitut du Procureur du Roi. Dès 1865, les Khnopff s’installent à Bruxelles et leur fils Fernand s’inscrit à la Faculté de Droit de l’Université Libre de Bruxelles, tout en fréquentant l’atelier du peintre Xavier Mellery.

Il suit ensuite les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles de 1876 à 1879. L’une de ses premières toiles à caractère symboliste intitulée D’après Flaubert, date de 1883. La même année, on le retrouve membre fondateur du groupe Les XX et il participe aux expositions annuelles de ce salon jus-qu’à sa dissolution en 1893.

Fasciné par les théories ésotériques de la Rose-Croix, il rencontre en 1885 le Sâr Joséphin Péladan et illustre pour lui les frontispices de ses romans Le Vice suprême, Istar, Femmes honnêtes. Péladan, vouant une haute estime au travail de Khnopff, l’invite régulièrement aux salons de la Rose-Croix (1892, 1893, 1894 et 1897). L’artiste exécute en 1887 l’énigmatique portrait de sa sœur Marguerite. Il le conservera toujours près de lui. Sa sœur qu’il aime secrètement sera son type de femme idéale « pure et troublante ». On la retrouve, répétée sept fois, dans son célèbre chef-d’œuvre Memories (1889).

Très introduit dans la haute société bruxelloise et parisienne, Fernand Khnopff en devient le portraitiste favori : Portrait d’Isabelle Errera, Madame Franz Philippson, Elaine Greffulhe.

À partir de 1889, l’Angleterre l’attire et il se lie d’amitié avec le milieu préraphaélite : Hunt, Watts, Rossetti, Burne-Jones. Sa première exposition personnelle se tient à la Hanover Gallery de Londres en 1890. La revue anglaise The Studio l’associe dans son équipe rédactionnelle comme correspondant pour la Belgique. Il y collabore jusqu’en 1914. Très sollicité, l’artiste expose fréquemment à l’étranger : Londres, Munich, Venise, Paris. 1898, année de son cinquantenaire, sera pour lui féconde en succès. La première Sécession viennoise, organisée du 26 mars au 15 juin 1898, le reçoit comme un des invités d’honneur en compagnie de Rodin et de Puvis de Chavannes.

En 1903, le financier Adolphe Stoclet s’adresse à Khnopff pour décorer la salle de musique de sa maison, et Gustave Klimt exécute les fresques de la salle-à-manger. La même année, il entame une série de très beaux pastels sur le thème de Bruges-la-morte et crée des décors et des costumes pour diffé-rents opéras joués au Théâtre royal de la Monnaie. Il épouse Marthe Worms en 1908 et divorce en 1911.