Pissaro

lundi 24 juillet 2006
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Camille Pissarro


Saint-Thomas (Antilles), 1830 - Paris (F), 1903
Le Louvre, printemps
1901
Huile sur toile, 54 x 65 cm
Signé et daté en bas à gauche : C. Pissarro. 1901
Inv. AM 400/152

En novembre 1900, Pissarro s’installe dans l’Île de la Cité, au 28 de la place Dauphine, du côté du Pont Neuf et du square du Vert-galant, dans un appartement d’où il aperçoit « une vue très belle ». « Je crains de manquer cette occasion de faire encore un côté pittoresque de Paris ». Le spectacle varié des boulevards et des quais de Paris fut un des thèmes favoris de l’artiste à la fin de sa vie.

Ici, la perspective s’ouvre en effet sur les rives de la Seine et lui a inspiré différentes séries, à partir du printemps 1901. Pour un premier sujet, il cadre le square du Vert-galant et la statue d’Henri IV ; pour d’autres, visant un peu plus à droite, il s’intéresse au Pont des Arts et à la façade imposante du Louvre, ou alors vers la gauche il cible l’Hôtel des Monnaies et l’Institut de France. Nettement plus vers la droite, un tout autre sujet s’offre encore à lui : le Pont Neuf, le plus ancien de Paris, au trafic intense.

De tous ces tableaux où la Seine est très présente comme le Louvre, printemps, une certaine sérénité en émane ; quelques bateaux passent sur l’eau et une lumière douce éclaire le vert tendre des arbres du square comme elle fait ressortir le bleu des toits du palais du Louvre.

Pissarro qui devint dès 1887 un adepte de la technique pointilliste du Néo-impressionnisme de Seurat et Signac revient, à la fin de sa vie, à une facture bien plus proche de l’Impressionnisme de ses débuts.

Repères biographiques

Pissarro étudie à Paris, où son goût du dessin se développe. Il retourne aux Antilles en 1848, d’où il part pour Caracas avec le peintre Fritz Malbyre. C’est là que Pissarro peint ses premiers paysages.

De retour à Paris, en 1855, à 25 ans, il se refuse à suivre la voie traditionnelle et à entrer à l’école des Beaux-Arts. Il rend visite à Corot et lui demande des conseils. Pour suivre les préceptes de son maître, Pissarro fréquente l’Académie Suisse, où l’on peut apprendre à dessiner d’après le modèle vivant. Il se met aussi à peindre en plein air, dressant son chevalet à Montmorency, à la Varenne Saint-Hilaire, à la Roche-Guyon.

Pendant la guerre de 1870, Pissarro se réfugie à Londres avec Claude Monet. Il y fait la connaissance de Paul Durand-Ruel, qui va devenir son marchand, et il découvre dans les musées britanniques les œuvres de Turner et de Constable. De retour en France, Pissarro se fixe à Pontoise, où il demeure dix ans. Cézanne le rejoint bientôt pour travailler à ses côtés. À Pontoise et à Montfoucault, comme plus tard à Osny, puis dès 1884 à Éragny, près de Gisors, Pissarro peint presque exclusivement les paysages qui l’entourent. En 1885, il rencontre Seurat, dans l’atelier de leur ami commun, le peintre Armand Guillaumin. Il est tout de suite séduit par le Divisionnisme et, pendant quelques années, il essaie de concilier les théories rigoureuses de Seurat avec sa propre poétique. Mais, bientôt, comprenant qu’il ne peut donner de la vie à ses œuvres par la méthode pointilliste, Pissarro l’abandonne.

Il consacre les dernières années de sa vie à trouver un mode d’expression plus libre et plus spontané. En 1896, Pissarro peint les ponts, les quais et le port de Rouen. À la fin de sa carrière, il repré-sente plusieurs paysages de Paris, vus aux différentes heures du jour : l’avenue de l’Opéra, le quai Malaquais, les Tuileries ensoleillées, le Carrousel, le Pont-Neuf, etc.