Courtens

lundi 24 juillet 2006
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Franz Courtens


Termonde (B), 1854 - Saint-Josse-Ten-Noode, Bruxelles (B), 1943
La Drève ensoleillée
1892
Huile sur toile, 215 x 178 cm
Signé en bas à droite : Franz Courtens
Au dos : Soleil de septembre (Hollande) / peint par moi Franz Courtens / Vogelenzang le ...92
Inv. AM 356/181

Très jeune, quand il découvre Hippolyte Boulanger et l’école de Tervuren, Courtens s’adonne à la pratique du paysage en plein air et les frondaisons dans les sous-bois l’inspireront durant toute sa carrière.

Dans cette drève ensoleillée monumentale, les grands arbres se rejoignent à leurs sommets pour former une nef où les rayons de lumière s’infiltrent çà et là subtilement. Sur le large chemin qui conduit à une trouée lumineuse, la seule présence humaine, insignifiante, n’est là que pour compléter le paysage. « C’est pour cela que les figures, dans les œuvres de Courtens, ne sont rien que des formes dressées, le plus souvent dans la pénombre [...], elles font partie du paysage, elles participent à sa grandeur. »

Le peintre conjugue les tons de verts et de bruns pour mener le regard vers la clarté à l’horizon ; il ne pratique pas la technique impressionniste de la division de la touche mais il juxtapose plutôt les fragments de tons. Les lignes de perspectives de la large allée sont marquées à gauche par une discrète barrière et à droite par une ligne de feuillage artificiellement éclairée. Cette lumière irréelle irise tout le sous-bois.

« L’air fluide, la lumière diffuse, c’était l’atmos-phère, maîtresse des choses, de leur expression changeante, et en laquelle circulent des ondes sen-sibles. Il la trouve en Hollande autour de Haarlem à Vogelenzang. »

Courtens est considéré comme un représentant de l’Impressionnisme belge, plus naturaliste et matiériste que son homologue français et en cela, il restera toujours fidèle au paysage réaliste, dans la lignée de Corot et de Daubigny.

Repères biographiques

Négociant en huiles, le père de Franz Courtens possède plusieurs bateaux qui assurent la liaison Anvers-Termonde pour le transport de ses marchandises. Le jeune adolescent participe plusieurs fois à ces voyages.

Contre l’avis de son père, qui le destinait aux affaires, Franz Courtens suit les cours de l’Académie de sa ville natale et s’installe ensuite à Bruxelles où il fréquente l’Académie de la Patte de Dindon. Il peint la nature toute entière, s’intéressant aux changements d’atmosphère et d’éclairage suivant les heures et les saisons sans pour autant dissoudre les formes dans la lumière.

Son art reflète un renouveau de la peinture de plein air mais il reste fidèle à la tradition réaliste de l’école belge.

Invité en Belgique et à l’étranger, Franz Courtens présente ses travaux dans les manifestations de Paris, Londres, Munich, Venise et Barcelone. En 1920, le roi Albert lui confère le titre de baron. En 1930, il est nommé professeur de paysage à l’Institut des Beaux-Arts d’Anvers.